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En direct de Gaza !

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Jamais une ville n'aura été, ces dernières années,  autant citée dans la presse que Gaza. Chaque semaine ou presque, des télévisions du monde entier y envoient des reporters pour y réaliser des reportages et en tirer des images.

 

Souvent le ton y est catastrophé. Comment cela pourrait-il être autrement alors que Gaza subit régulièrement les assauts de l'aviation israélienne ?

 

En vérité, les descriptions apocalyptiques des médias du monde sont souvent très partielles. Car si le sort subit par les populations de Gaza est parfois terrible, on oublie que la vie n'a pas fuit cette ville multimillénaire.

 

Les Gazaouis sont des gens normaux qui vivent, font du sport, lisent, écrivent, débattent, écoutent de la musique, construisent des routes, échangent des correspondances, se forment, apprennent et rêvent...

 

Dans cette rubrique justement, nous vous proposerons des correspondances envoyées de Gaza par nos amis qui y vivent et y travaillent quotidiennenement.

 

Ils nous parleront de leurs difficultés mais également de leurs rêves. De temps à autres, nous les interrogerons précisemment mais la plupart du temps ils nous feront partager leur reflexion du moment en toute liberté.

 

Vue de Gaza sera leur fenêtre à eux et nous serons là pour les lire et partager avec eux leurs interrogations et leurs espoirs comme des amis (es) fidèles et aimants...




La francophonie à Gaza

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A Gaza, une émission francophone, « Bienvenue en France » est diffusée tous les jeudi de 16 h à 17h sur la radio privée Mannar de Gaza. On peut la retrouver sur le site de la chaîne www.manarfm.com

 

Cette émission est diffusée dans le cadre de la coopération entre le Centre Culturel Français de Gaza  et cette radio locale privée de la ville de Gaza.

 

Le département de français de l'université Al-Aqsa, dirigé par Mr.Ziad Medoukh, y intervient parfois.

 

Ce département animé par Ziad Medoukh est le seul département  mixte de l’université Al-Aqsa et de toutes les universités de Gaza. Il possède un centre de ressources francophone, financé par l’association franco-palestinienne Dunkerque-Gaza. Du matériel informatique et pédagogique a également été offert  par l’AFPDG en 2010.

 

Philippe Nouveau, actuel vice président de l’association Dunkerque-Gaza, avait eu l’occasion d’intervenir, par téléphone, sur les ondes de cette radio en Octobre 2010.




Trois ans après, qu’est ce qui a changé à Gaza ?

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Gaza le, 20 Décembre 2011



Alors que tous les peuples s'apprêtent à fêter la fin de l'année écoulée et l'avènement de la suivante, une partie oubliée de ce monde célèbre le troisième anniversaire de l’agression israélienne contre sa population civile.
 


Comme le monde entier, nous aimerions fêter la fin et le début d'une année, mais, chaque fois, cette période nous rappelle la fin tragique de 2008. 


C’était en décembre 2008, trois ans déjà, trois années se sont écoulées, mais c’est difficile pour nous Palestiniens de Gaza d’oublier la guerre, les massacres et les crimes commis par cette armée sauvage, contre nos femmes et nos enfants, contre nos maisons et nos écoles, contre nos usines et nos routes. 


Cette guerre avait pour objectif de briser la volonté d’une population résistante, cette population courageuse qui a résolu de défier le blocus imposé par la force de l’occupation israélienne, mais qui a surtout décidé de rester attachée à sa terre, en dépit de toutes les difficultés et des mesures atroces d’une occupation qui ne veut jamais la paix. 


Comment pourrait-on effacer les événements dramatiques de la dernière guerre israélienne contre la population civile gazaouite ? Lequel d'entre nous pourrait oublier les pertes humaines, la destruction massive de nos infrastructures civiles ? Y-a-il un seul Gazaoui qui n’ait pas été touché directement ou indirectement par les attaques sanglantes d’une armée d’occupation qui visait avant tout les civils ? 


Mais la question la plus importante qui se pose après ces trois années, c'est : qu’est ce qui a changé à Gaza ? 


Avec la mobilisation internationale, les manifestations dans beaucoup de pays contre cette offensive militaire israélienne, mais, surtout, après les réactions et les critiques de plus en plus affichées envers la politique de ce pays contre la bande de Gaza, les Palestiniens de cette prison à ciel ouvert, pensaient que le blocus allait se lever, et leur situation économique et sociale  évoluer. Hélas ! Il n'en est rien! 


Trois ans après la fin de ce carnage, la situation  stagne, rien ne bouge et les gens, sur place, attendent et attendent. 


Oui, rien ne bouge, malgré quelques événements internes et externes, qui ont apporté un signe d’espoir pour les Palestiniens, comme les révolutions  dans le cadre du printemps arabe, comme la demande d’adhésion de la Palestine aux Nations-Unies, et le discours historique du président de l’Autorité palestinienne devant l’Assemblée générale de l’ONU, comme l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO et  la libération de plus de mille prisonniers palestiniens, dont  600   de Gaza accueillis dans une liesse populaire, rare dans cette prison à ciel ouvert , malgré les pourparlers sérieux pour faire avancer la réconciliation, malgré la mobilisation des jeunes Gazaouis dans leurs manifestations de masse contre la division, oui, malgré tout cela, rien ne bouge. 


Ces événements, en dépit de leur importance, n’ont pas eu d'influence sur  la vie difficile de 1,6 millions de Gazaouis qui continuent de vivre dans des conditions précaires, ils n’ont pas changé l'existence de ces jeunes qui vivent la pauvreté, le chômage et la souffrance. 


En décembre 2011, la situation actuelle dans la bande de Gaza est marquée par le blocus inhumain et illégal imposé par le gouvernement israélien depuis plus de cinq ans, blocus maintenu, certes un peu allégé, grâce aux événements dans notre région ou à des pressions réelles de la part de quelques pays et quelques organisations internationales. Actuellement, 130 à 150 camions  entrent à Gaza chaque jour, mais la moitié de ces camions sont pour les organisations internationales et leurs projets de construction d'écoles et de stations d’eau. Gaza n’a droit qu’à 98 produits au lieu de 450 avant le blocus, quelques produits et médicaments n’entrent pas, ce qui a aggravé la situation. Selon les estimations des organisations internationales, la bande de Gaza a besoin de 750 camions par jour pour répondre aux besoins énormes d’une population en augmentation permanente. 


Les conséquences de ce blocus sont dramatiques, 77% des habitants de Gaza vivent de l’aide alimentaire humanitaire, distribuée par les organisations internationales. 


90% des usines détruites pendant la guerre de 2008, sont fermées ou tournent au ralenti, car les matières premières n’entrent pas. 


Les maisons détruites lors de la dernière agression israélienne contre la bande de Gaza, n’ont pas été reconstruites ; les matériaux de construction sont toujours interdits d’entrer, par ordre militaire israélien; les quelques matériaux qui passent actuellement à Gaza sont pour les projets internationaux comme les écoles de l’UNRWA; plus de 3000 habitants vivent toujours à coté des ruines de leurs maisons détruites, aucun projet de reconstruction civil n’a eu lieu. 


Le chômage s’est accru, notamment chez les jeunes: plus de 65% des jeunes Gazaouis, sont au chômage; on note l’absence de projets de développement réel: tous les projets actuels sont pour le secours et non pour le développement. 

La division continue, malgré les rencontres et les manifestations populaires du 15 mars 2011, organisées massivement par les jeunes, à Gaza comme en Cisjordanie, les Palestiniens sont divisés entre deux gouvernements et entre deux projets différents. 

Les passages sont fermés, ils ouvrent et ferment de façon arbitraire pour permettre à quelques produits de sortir de Gaza, notamment les produits agricoles comme les fraises et les roses, mais cela est occasionnel, et seulement quand il y a une pression internationale qui permettre d'exporter deux camions de ces produits vers l’étranger. 

Le passage de Rafah, le seul passage qui relie la bande de Gaza à l’extérieur,  est ouvert actuellement et on constate une amélioration certes, mais, vu le nombre considérable de voyageurs, étudiants et malades, les Palestiniens exigent une ouverture totale, notamment avec le changement politique en Egypte. 

A tout cela s’ajoutent les attaques et bombardements israéliens qui n'ont pas cessé : durant cette année de 2011, plus de 70 Palestiniens sont morts, parmi eux 20 enfants et cinq femmes après des raids de l’armée israélienne contre Gaza. 


Les conséquences du blocus et cette situation marquée par des difficultés économiques obligent beaucoup d’habitants à aller récupérer des matériaux dans la zone tampon au Nord de la bande de Gaza, une zone dangereuse contrôlée par l’armée de l’occupation israélienne qui n’hésite pas à tirer, elle a causé la mort de 6 paysans en 2011 ; cela les contraint aussi  à aller  travailler aux tunnels à Rafah au sud de la bande de Gaza, un travail à risques, puisque plus de 60 travailleurs y ont trouvé la mort, soit à cause l’effondrement des tunnels, soit à cause des raids israéliens. 

L’aspect le plus grave de toute cette situation difficile des habitants de la bande de Gaza et qui marque l’esprit de la majorité des habitants ici, est l’absence de perspectives chez ces gens qui ne voient aucun changement, qui constatent que les choses n’avancent pas , ne bougent pas, sentiment horrible qui va influencer l’avenir de cette génération, surtout celle des jeunes, qui commencent à perdre espoir en un avenir immédiat meilleur . 


Trois ans après, Gaza la blessée, Gaza la meurtrie existe et résiste, elle continue de souffrir, elle est toujours sous blocus, Gaza affronte les bombardements et les incursions de l’armée israélienne, Gaza est toujours et plus que jamais une prison à ciel ouvert. 


Mais la vie continue, ses habitants s’adaptent et montrent une patience extraordinaire devant le silence complice d'une communauté internationale impuissante. 


Les Gazaouis  attendent toujours, ils n’ont pas d'autre choix que d’attendre, ils attendent trois réponses claires à leurs  interrogations : 
D’abord, question légitime : jusqu’à quand les violations israéliennes du droit international ? Jusqu’à quand l’impunité d’Israël ? Jusqu’à quand va durer leur souffrance ? 
Puis, y aura-t-il une décision courageuse de la part des instances internationales de lever le blocus inhumain qui leur est imposé de façon illégale par une force d’occupation. 


Et finalement, quand vont-ils ressentir une amélioration réelle dans leur vie et un changement radical de leur situation précaire. 
En attendant, les Palestiniens de Gaza tiennent bon, persistent, patientent, résistent, mais surtout, ils continuent d’espérer en un lendemain meilleur, un lendemain de liberté, de paix, mais, avant tout, un lendemain de justice.

Ziad Medoukh




Un premier mai dans la souffrance pour les travailleurs palestin

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Un premier mai dans la souffrance pour les travailleurs palestiniens !

Ziad Medoukh

Alors que le monde entier célèbre la journée mondiale du travail, et en particulier les travailleurs partout dans le monde, les travailleurs palestiniens connus pour leur résistance, leur attachement à leur patrie, leur volonté, leur détermination, leur patience, leur courage et pour leur persévérance, célèbrent ce premier Mai 2016 dans un contexte particulier marqué notamment par la poursuite de l’occupation et de la colonisation, et par des mesures israéliennes illégales à l’encontre de toute une population civile dans des territoires palestiniens toujours occupés.

Les travailleurs palestiniens, en souffrance au quotidien, célèbrent cette journée tandis que règnent pauvreté, chômage et absence de perspectives, en Cisjordanie et plus encore dans la bande de Gaza.

Les travailleurs palestiniens où qu’ils soient : en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, dans les territoires de 1948 et dans l’exil, sont plus que jamais déterminés et espèrent comme toute notre population un lendemain meilleur, un lendemain de liberté et de justice.

Les chiffres sur la souffrance de nos travailleurs palestiniens sont choquants, avec de plus en plus de chômage et de fermetures d’usines et d’ateliers et une économie en recul permanent. Toutes les entreprises agricoles, artisanales et industrielles souffrent des mesures de l’occupation israélienne contre l’économie palestinienne.

Le taux de chômage dépasse les 45% en Cisjordanie et les 70% dans la bande de Gaza, une région toujours sous blocus israélien, avec plus de 75% des Palestiniens vivant en dessous du seuil de pauvreté, et une vie économique paralysée à cause de la fermeture des frontières et des passages, et l’enfermement de toute une population civile dans une prison à ciel ouvert.

Les Palestiniens célèbrent cette journée mondiale du travail avec une pensée particulière pour les travailleurs détenus dans les prisons israéliennes, pour ceux de Cisjordanie qui défient l’occupation, la colonisation, le mur de la honte et les check-points, et pour les travailleurs de Gaza qui souffrent, comme toute la population civile, de ce blocus inhumain imposé depuis plus de 9 ans par les forces de l’occupation.

Une pensée particulière à tous nos travailleurs tués par les soldats israéliens sur leurs lieux de travail, devant le mur d’apartheid, dans les manifestations pacifiques contre la confiscation des terres appartenant aux Palestiniens, devant les barrages militaires israéliens, ou suite à des agressions israéliennes permanentes.

Une pensée à nos travailleurs qui, malgré les humiliations israéliennes et les files d’attente devant les check-points, continuent à vouloir se rendre sur leur lieu de travail afin de vivre, eux et leurs familles, dignement.

Une autre pensée à nos citoyens qui sont depuis des années sans travail à cause de toutes les mesures israéliennes, qui affrontent une réalité dure et qui n’arrivent pas à répondre aux besoins de leurs familles.

Les travailleurs palestiniens fêtent le 1er Mai dans les larmes et la peine. Ils pensent aux martyrs, aux blessés, aux prisonniers, et à toute la population civile en Cisjordanie qui poursuit un soulèvement populaire non-violent depuis plus de sept mois malgré les représailles israéliennes.

Et à la population civile de Gaza qui, deux ans après la nouvelle offensive militaire israélienne de l’été 2014, reste sans aucun projet réel de reconstruction à cause du refus israélien de laisser entrer les matériaux de construction, ce qui a aggravé la situation économique et a augmenté le chômage, avec plus de 130.000 personnes sans travail et sous pression, dettes , graves problèmes financiers et horizon bouché.

Les travailleurs palestiniens, en première ligne du conflit, sont très engagés. Ils ont un rôle important dans notre société, ils continuent à se sacrifier pour que les futures générations aient un plus bel avenir.

Un grand hommage à nos travailleurs, à nos syndicats, à tous nos ouvriers, pêcheurs, paysans et fonctionnaires pour leur patience, pour leur détermination et leur lutte pour la dignité.

Un hommage à nos travailleurs qui sont morts ou blessés sur leurs lieux de travail et sur leur terre.

Merci à tous les solidaires, les syndicats et les travailleurs du monde entier qui ont défilé dans les rues avec des drapeaux palestiniens et des banderoles saluant le courage et la résistance des travailleurs palestiniens.

Le chemin est encore très long pour que nos travailleurs obtiennent tous leurs droits.

Mais la lutte continue et le combat se poursuit pour obtenir leurs droits, qui passe avant tout par la fin de l’occupation israélienne et la liberté de tous les territoires palestiniens afin que le peuple palestinien vive dignement sur sa terre.




Le Centre de la paix participe à la récolte des produits agricol

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Le Centre de la paix participe à la récolte des produits agricoles avec les paysans de à Gaza

Le jeudi 28 avril 2016, un groupe de jeunes étudiants del’université Al-Aqsa de Gaza , accompagné du doyen Dr.Abdel Jalil Sarsour et de directeur du département de français et Coordinateur du Centre de la paix ,Monsieur Ziad Medoukh, s’est rendu dans la ville de Beit Lahya au Nord de la bande de Gaza afin de participer, avec les paysans et leurs familles, à la récolte des légumes et des produits agricoles, et aider ces paysans pour les travaux dans leurs champs.

La récolte des produits agricoles s’est déroulée dans deux coopératives agricoles qui appartiennent aux familles Sarsour et Chfie dans la ville du nord.

Les paysans et travailleurs ont été très heureux de voir des jeunes étudiants ramasser les légumes dans leurs terrains.

L’équipe du Centre a aidé les paysans dans quatre champs : les champs de concombres, d’oignons, de maïs et de roses.

L’équipe a beaucoup échangé avec les paysans sur leur travail et leurs produits agricoles, sur leurs difficultés, et sur l’interdiction israélienne de commercialiser leurs produits de qualité à l’extérieur , mais surtout sur les menaces israéliennes au quotidien.

Malgré la situation explosive dans les territoires palestiniens occupés et malgré la présence des soldats israéliens sur les frontières de la bande de Gaza, l’équipe du Centre de la paix a insisté pour participer à cette activité agricole.

Ziad Medoukh, a confirmé que la participation de ces étudiants à cette activité de bénévolat montre l’ouverture de ces jeunes sur la société civile dans la bande de Gaza, ainsi que la participation des étudiants aux différents évènements et activités dans les familles et dans la société.

Il a beaucoup insisté sur l’importance de développer une économie non violente dans la bande de Gaza et de promouvoir les principes Ghandiens dans l’agriculture, qui favorisent l’autonomie et le développement des revenues pour les paysans et leurs familles afin de créer une économie solidaire, une économie respectueuse de la vie et des rythmes de la vie, dans une dynamique d’équilibre optimal.

Il a ajouté que ces étudiants ,par cette participation sociale, montrent leur attachement à leur terre et à leurs racines. Et que la récolte des produits agricoles en Palestine est un signe de résistance, de vie et d’espoir pour l’avenir.

Les étudiants participant à cette cueillette ont remercié les familles Chafie et Sarsour pour leur accueil et le Centre de la paix pour cette initiative.




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